Shooting d'anniversaire
Projet de loi 104- classé "inconstitutionnel"
Dorénavant, et la Cour Suprême le confirme pour la cinquième fois, le français est la langue imposée au Québec en matière d'éducation pour nos enfants. Mais pour encore combien de temps? Est-ce que le Québec tend à devoir changer ses critères? Preuve que la langue francophone a perdu des fidèles? Dans tous les cas, la divine Cour demande au Québec de se requestionner et renvoi dans sa cour la façon d'établir ces nouvelles règles sous certaines conditions qu'elle lui impose. Est-ce que le Québec fera ses devoirs?Rendue là...
À visiter un Cegep avec ma fille de 16 ans (17 dans un mois!). En une seule phrase je viens de me flanquer une vingtaine d'années sur les épaules, sept cheveux gris dans le toupet et trois rides que j'entends se plisser, tel une vieille porte.
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Facebook et les statistiques
Princesse Ado n.f. sujet ardu et énigmatique
Nos échauffourées ont, depuis quelques mois, pris une curieuse tournure et à ce qui ressemble à des discussions presque « adultes ». Or, j'ai « l'autorité » complètement déconfit et qui semble, par séquence, vouloir prendre la poudre d'escampette.
Je suis fatiguée de ces ados (déjà!) et de leur nature de « je sais tout », « j'ai tout vu », « je peux tout prévoir ». De son « j'ai 16 ans et bientôt 17! » qu'elle diffuse arbitrairement ici et là pour réfuter toute tentative autoritaire de ma part.
Oh oui! Il y a ces périodes ou elle se plante et qu'elle laisse tomber tout carnage, devient toute douce et tente un rapprochement mère-fille. Certes agréable mais paradoxal. Ces ados qui déjouent l'autorité transportés dans un de ces typiques jeux de fusée défiant une attaque d'astéroïdes en se faufilant d'une manière hasardeuse entre chacun d'eux.
En vrai, je comprends depuis peu le phénomène du cordon ombilical entre ma fille et moi. Tranquillement et découlant d'une manifestation très normale, les adolescents finissent un jour ou l'autre de s'éloigner de nous. Tout synonyme ou portant une odeur de « parent » et « autorité » encouragent leur besoin d'éloignement tout en étant curieusement attirés par le monde « adulte », à ce qui ressemble à une fuite de ce que nous sommes. Et le miracle de l'élastique survient, en période de blessure, de déception ou de désillusion. Si collés à nous étant petits et si lointains à l'adolescence. J'imagine la préiode de tri qui accompagne l'adulte en devenir pour se transformer en résultat de notre élevage! On dirait que moi et elle se situent à des années lumières de ça ces derniers jours.
Aux questions : puis-je, en tant que parent pondéré, laisser ma fille s'acheter une voiture- qu'elle a les moyens de s'acheter, alors qu'elle conduit encore périlleusement? Sur quel autre compte incompréhensible pour sa part pourrais-je mettre ma décision de retarder l'achat d'un an? Est-ce que la phrase « tant que tu seras sous mon toit » est encore en vigueur de nos jours? À quel âge doit-on cesser de répéter à son enfant de faire son lit ou de ramasser ses vêtements qu'elle laisse impunément dans la salle de bain? Ne vous sentez-vous pas coupable vous, parents d'autres ados, lorsqu'une engueulade outrepasse largement la simple réprimande contestataire? Que la soirée se termine en claquement de portes et que l'amoureux doit jouer l'arbitre? C'est peut être moi qui s'est laissée emporter dans ce qui devait être une discussion mais qui a finalement tourné en typique chicane du secondaire…
« 34 minutes » au cours de mon « 34 ans »
Après quelques heures seulement suivant mon premier marathon, je sens déjà que ce « 34 minutes 11 secondes » qu'il m'en a pris pour franchir la ligne d'arrivée, est déjà loin derrière. Pas si loin car j'ai encore une légère douleur dans l'aine gauche mais loin dans le sens d'accompli. Une nouvelle page est tournée. La période post-défi de mes 34 ans. Trente-quatre minutes qui, par définition, représentent des mois d'entraînement et de sueur. Un défi tout simple, mais si grand et qui prenait tout son sens lorsque je rentrais le soir et qu'il me fallait un courage du tonnerre pour aller courir ne serait-ce que quelques coins de rues. Et surmonter une blessure qui m'a fait prendre congé de la course pendant quelques semaines pour permettre le rétablissement oh! mais qui m'a demandé une volonté presque inatteignable pour remettre mes souliers de course. La reprise de l'entrainement n'a été qu'une prise de conscience qu'une fois la routine brisée, il est dix fois plus difficile de retrouver la forme perdue. Trente-quatre minutes pour de longs mois à tenter d'intégrer ma nouvelle discipline à ma vie de famille, d'étudiante et de travailleuse.
Voilà où je me situais encore quelques heures avant la course finale.
Lors du premier 2-km, j'étais fébrile, déjà très exténuée en raison de l'excitation et de la fébrilité qui régnait dans l'air. Tous ces inconnus qui criaient pour encourager les coureurs. Au 3e kilomètre, je me trouvais complètement isolée des autres coureurs. Quelques femmes devant, un homme derrière, tous en solo mais unis par un même objectif. Des résidents du coin sortaient sur leur balcon pour nous applaudir tour à tour. Une femme qui, sur mon passage m'a fait un « High-Five ». Tous ces étrangers, tel des fantômes témoins des nombreux kilomètres parcourus au cours des derniers, qui semblaient tous me dire à moi « bravo! ».
Au 4e kilomètre, je savais qu'il n'en restait qu'un seul. À l'idée que je ne m'étais pas une fois arrêtée pour marcher, cette petite voix intérieure qui s'élevait pour me dire « tu y es presque, tu l'as ton défi », j'ai senti un flot de larmes envahirent mes yeux. Et je pensais à ma copine qui n'était pas très loin derrière moi et qui avait fait le choix de courir avec son bébé de 2 mois en poussette! Je l'admire de tout mon cœur! Les 11 secondes de ma course, je les dois à ce moment!
Et le fil d'arrivé. Isolée des autres coureurs mais entourée de nombreux spectateurs pour qui les voix ne manquaient pas pour encourager chacun des arrivants. Ensuite mon nom dans les haut-parleurs, ma fille et mon amoureux qui viennent me serrer dans leurs bras. Les vrais témoins de ces quelques mois où la maman, l'amoureuse était ailleurs qu'à la maison, par défi égoïste de ses 34 ans. Et enfin la réalisation, et toute la sérénité qui vient avec.
Voici où je me situe maintenant, à l'aube d'un nouveau défi.
Lettre à une autre belle-mère


